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  • Clothilde Nollet

De l'importance d'être petit.

Dans son livre intitulé The Importance of Being Little: What Preschoolers Really Need from Grownups, l’éducatrice accréditée et ancienne chargée de cours de l’Université Yale, Erika Christakis, s’intéresse aux besoins en matière d’éducation à la petite enfance en privilégiant une démarche axée sur les forces et propose une évaluation critique des approches modernes dans ce domaine.



1/ Les parents d’aujourd’hui


Premier constat qu’apporte ce livre, dans un monde complexe et concurrentiel, les parents sont souvent confrontés à des pressions de plus en plus importantes pour préparer leurs enfants à réussir dans la vie, et ce, dès leur jeune âge. Les parents de jeunes enfants sont font face au dilemme suivant : choisir la mauvaise maternelle et votre enfant n’aura pas la bonne faculté !

Ils ont tendance à éprouver de l’anxiété vis à vis du futur de leur enfant. Ils planifient des activités pour les enfants qui sont contraires à leur nature, on pourrait même dire n’apportant aucune joie. Bien souvent les parents attendent en quelque sorte des retours sur investissement.


Mais nos peurs sont déplacées, selon l’experte de Yale Erika Christakis. Les enfants ont en eux une puissance inventive et les outils pour repenser leur environnement de travail sont évidents.


Nous avons tendance à traiter les enfants de plus en plus comme des objets. Au lieu de vouloir imposer leur vision d’adultes, les parents et les professeurs devraient enlever leur visière et voir à nouveau le monde avec des yeux d’enfants. Un changement de perspective qui nous permettrait de mieux comprendre et cultiver cette capacité unique.


2/ Les enfants d’aujourd’hui


Les enfants sont fait pour apprendre depuis la naissance dans n’importe quelle circonstance, mais ils n’ont pas toujours le support espéré quand le mot “apprendre” signifie des leçons strictes et des épineux problèmes de mathématiques, qui ont tendance à dévaluer leur intelligence en instaurant des recommandations impropres au bon développement cérébral.


La prime enfance est paradoxale : à la fois sécurisée et stressante.


D’un côté pour la plupart des enfants occidentaux, les premières années de leur vie sont les plus rassurantes de l’histoire de l’humanité. En effet, les enfants ont de moins en moins de maladies graves ou handicapantes. On n’envoie plus les enfants travailler... Bien sûr, nous sommes confrontés à la pauvreté, au stress, à des traumatismes divers. En général, on peut dire que ce qui affectait les enfants à une certaine époque de l'histoire a disparu.

De l’autre, la société occidentale du 21ème siècle pose beaucoup de challenges aux jeunes enfants. La technologie n’est pas toujours leur amie, et il existe de nouvelles situations stressantes autour d’eux. Dans les écoles, on peut observer le renvoi de nombreux enfants de la maternelle, et un nombre croissant d’enfants avec des problèmes d’ordre psychologique et comportemental.



3/ "Adultiser", c’est quoi ?


"Adultiser" c’est voir le monde du point de vue des adultes. C’est ne pas laisser le temps à l’enfant d’être pleinement dans son état d’enfant.


L’auteure demande souvent aux professeurs de se baisser au niveau du sol de leur classe et juste d’observer le monde à hauteur d’enfants de 4 ans ou d’essayer de mettre une combinaison de ski avec des capacités motrices d’un petit enfant. C’est très éclairant de voir comment les adultes infligent leur rythme, leurs attentes, leur timing aux jeunes enfants. Et pour quoi ? Les jeunes enfants dorment moins et ont beaucoup plus de moments de transitions dans leur journée que les générations précédentes. - et Erika Christakis pense que la plupart des éducateurs et des parents s’accorderaient pour dire que les cerveaux de petites têtes blondes ne sont pas faits pour faire face à ces schémas d’adultes.

Nous savons tous que c’est un problème, mais qu’il est difficile d’interrompre ce cycle infernal. Nous avons besoin de prendre du recul, et de voir le monde avec un regard d’enfant. Nous voyons leur développement avec nos yeux d’adultes, imaginant que nous ne pourrions rien retirer d’une heure de jeux dans la boue... C’est assez hallucinant de voir le peu de temps consacré aux jeux d’extérieur et à la motricité dans la journée d’un jeune enfant. La plupart de ses problèmes d’"adultisme" viennent d’un profond manque de confiance dans les capacités extraordinaires des enfants.



4/ Quel environnement ? Quelles solutions ?


La recherche actuelle et la nature de certains programmes de la petite enfance tendent à montrer qu’un « apprentissage programmé » serait incompatible avec les capacités naturelles d’apprentissage et de croissance chez l’enfant, allant même à l’encontre de son développement optimal.


Il en ressort qu’il vaudrait mieux axer les objectifs d’apprentissage sur le développement socio-comportemental de l’enfant en misant sur le volet ludique et les interactions avec ses pairs, plutôt que d’insister sur sa préparation à l’école. Nous avons confondu l’école et l’apprentissage, et nous avons altéré l’environnement premier de l’enfant. La course au succès scolaire nous a aveuglés et nous ne voyons plus comment l’enfant appréhende le monde, acquiert de nouvelles compétences et grandit. La petite enfance est une étape inhérente à leur vie et non une préparation à un futur exigeant et incertain.

L’éducation de qualité est centrée sur la relation aux autres. Des enseignants soucieux du bien être des enfants, qui essaient de comprendre le développement de ceux-ci, sont les pièces maîtresses d’une éducation réussie. Elle plaide vivement en faveur de milieux favorables à l’apprentissage pour les enfants d’âge préscolaire, c’est-à-dire dans un contexte où l’on mise sur l’intelligence de l’enfant.

Un environnement idéal :


Des conversations riches et ouvertes sont essentielles. L’enfant a besoin dans la journée d’être confronté à un langage chaleureux et emphatique, de dialoguer avec les autres de manière joyeuse, de raconter la randonnée du WE aux professeurs par exemple, d’écouter de la littérature de qualité et de poser des questions existentielles.

Ce que nous proposons à l’école ELISE:

Un dialogue libre d’enseignant à enfant, des lectures offertes pour découvrir le plaisir de lire, une vision “cosmique” du monde qui interroge et relie les enfants à l’univers qui les entourent. Mais aussi des formations en CNV pour les équipes pédagogiques qui sont utilisés aussi en classe. Des temps de médiation pour les plus grands.



Des “accompagnants” de qualité qui connaissent les paramètres génériques des jeunes enfants (les enfants de 3 ans sont …) mais aussi portent leur attention à chaque individu en tant que tel.

Ce que nous proposons à l’école ELISE: une équipe pédagogique sérieuse et formée selon plusieurs écoles Montessori, notamment AMI, mais aussi une formation universitaire unique en France qui s’adresse aux professeurs des écoles.



Des éducateurs organisés. Il est crucial de garder en tête qu’un enseignement harmonieux et guidé est l’opposé d’une classe où la pseudo liberté pour tous serait la règle et où les enfants dirigeraient en définitive la classe. Les enseignants de qualité dans les maternelles sont organisés sur tout : la routine de la classe, l’environnement physique, le planning de la journée, le type de matériel utilisé pour explorer et manipuler.

Ce que nous proposons à l’école ELISE : le coeur d’une ambiance Montessori est le matériel et l’environnement préparé. Les classes sont spacieuses et organisées par thème, privilégiant un esthétisme attractif aux yeux de l’enfant. La journée est cadrée avec des temps forts mais aussi des temps de repos, de calme et des temps festifs.


De l’observation. Ces professeurs passent beaucoup de temps à observer et réfléchir. Dans ces écoles, la culture de travail est collégiale, basée sur le questionnement afin qu’ils puissent progresser constamment et ajuster leur pratique et ainsi utiliser la curiosité naturelle de l’enfant à apprendre.C’est plus particulièrement vraie pour les jeunes enfants qui ont des antécédents traumatiques. Que l’enfant expérimente quelque chose de négatif ou de positif, la classe saura répondre à ces expériences et les transformera en croissance émotionnelle et cognitive.

Ce que nous proposons à l’école ELISE : l’observation est cruciale pour les enseignants Montessori. Il EST finalement au coeur des apprentissages et du suivi de chaque enfant. Car plus que des niveaux, il faut gérer chaque individu. Depuis cette année, Perrine anciennement éducatrice vient observer les classes pour donner des retours aux équipes et aider au suivi de certains enfants qui ont des difficultés.


Communication “serve and return” qui favorise les relations adultes-enfants en renforçant l’interaction sensible et attentive et en portant attention aux signaux des enfants.


De l'émerveillement. Quelqu’un qui voit l’émerveillement sur le visage d’un enfant quand il aperçoit un papillon se posait sur une fleur, comprend que l’apprentissage va bien plus loin qu’une salle de classe. La bonne nouvelle c’est que les enfants sont connectés à cette capacité d’apprentissage dans n’importe quelles circonstances à partir du moment où ils ont le soutien affectueux des adultes qui les entourent, ils peuvent même apprendre en dehors des écoles.

Ce que nous proposons à l’école ELISE : l’émerveillement est le déclencheur d’un apprentissage bien souvent. Nous portons toute notre attention à proposer aux enfants des moments d’émerveillement, notamment en allant au contact de la nature régulièrement.



5/ De l’importance du jeu


Le jeu est la fonctionnalité première du développement des mammifères : ce réflexe est en nous et ne peut être enlevé.


Autant cette pulsion est naturelle, autant les règles qu’elle impose ne le sont pas et doivent faire l’objet d’un apprentissage.

Nous voyons de plus en plus de jeux dysfonctionnels dans nos sociétés modernes. Les enfants jouent de moins en moins dans des groupes d’âges mixtes, là où normalement ils pourraient apprendre les uns des autres ( les plus grands transmettant des savoirs aux plus petits mais aussi s’adaptant et apprenant à être plus gentils, plus doux) .


Les enfants ont moins du temps libre pour papillonner et créer leurs propres règles. Ils ont besoin de temps et d’espace pour vraiment jouer. Malheureusement, la tendance est plutôt à l’inverse et nous perdons cette culture du jeu.

Si vous demandez à un enfant soudainement d’aller jouer à construire un château-fort quand ils n’ont pas expérimenté le temps du “vide”, le temps de l’ennui, qu’ils ont un emploi du temps déstructuré et accès à des jeux sans limites, eh bien vous verrez un enfant complètement décontenancé, perturbé.

Conclusion


L’intérêt de l’auteure envers les « petits apprenants » s’exprime en toute transparence et humilité. Sa passion est authentique, son discours est inspirant, et ses récits familiers et uniques mettent en relief ce qu’il y a de prodigieux dans la manière d’être de l’enfant. Même si elle critique certaines approches en matière d’éducation, Mme Christakis aborde tous les sujets avec un optimisme fondé sur sa propre conviction, c’est-à-dire que les enfants sont des « scientifiques intuitifs » et des « philosophes de salon ».


Le point de vue exprimé par Erika Christakis saura conforter les parents qui s’inquiètent de l’excentricité ou de la singularité de leurs enfants, lesquelles sont souvent la manifestation d’un sain développement chez l’enfant. Elle affirme que « l’amour et l’apprentissage sont complémentaires » chez le jeune apprenant. Les constatations de Mme Christakis portent généralement sur le système éducatif américain, mais s’avèrent certainement pertinentes dans une perspective internationale en matière d’éducation à la petite enfance et à la maternelle.


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