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  • Clothilde Nollet

L’école de l’écologie intégrale.

Mis à jour : mai 15





Cela ne paraît pas évident à première vue mais l'école et l'écologie intégrale ont des points commun. A l'aube d'un changement de société, l'écologie intégrale se veut comme une voie possible et souhaitable pour une société plus humaine et orientée vers la nature. L'éducation étant un pilier de notre société, l'école de demain, si elle veut pleinement répondre aux attentes des parents et aux besoins des enfants, sera celle de l'écologie intégrale.


Le terme “écologie intégrale” a été initialement créé par le Pape François dans son encyclique Laudato Si, puis repris par le mouvement écologiste et plus généralement diffusé dans la société désormais.


Même s’il a, par essence, un caractère religieux, il se veut un terme universel.

Durant cette crise sanitaire, on évoque beaucoup le climat et l’environnement. Comment en deux mois notre “absence d'action” a pu avoir des conséquences très bénéfiques sur la nature.

Les nombreux lobbies écologistes sautent sur l'occasion pour continuer à mener les batailles indispensables au maintien de toutes espèces vivantes sur Terre y compris les hommes.

A vouloir maîtriser à tout prix la nature, comme le disait Descartes, nous allons à notre propre perte. Nous en sommes désormais tous conscients.


L’écologie intégrale est un terme qui résume parfaitement ce que devrait être notre sortie de crise COVID.

J’aime à vous partager la définition qu'en fait Delphine Batho :


“Le nouveau récit de l’écologie intégrale est celui d’une réconciliation avec la nature, avec notre nature profonde d’êtres vivants, et avec nos semblables”

Ecologie intégrale, Le Manifeste.


Vous allez me dire quel est le rapport avec notre école Montessori ?

Maria Montessori évoquait l’éducation cosmique, qui peut se résumer en trois mots simples : “Tout est lié”.

L’approche cosmique est une représentation du monde entier et de l’univers, dans l’objectif de faire sentir aux enfants et aux adolescents qu’il fait partie d’un tout. Il est invité à embrasser le monde entier, élargir son point de vue, regarder plus largement que l’environnement de sa famille, de son école, de ses amis. Comprendre qu’il fait partie d’un tout, lui permet de mieux prendre en compte ses fondamentaux personnels, ce qui l’aide à forger ses propres valeurs.

Tout y est ! Mieux se connaître pour interagir en vérité avec les autres et préserver la nature.

En pratique cette éducation cosmique, se fait à travers les grands récits montessoriens.





1. Le premier concept de l’écologie intégrale évoqué dans la définition de Delphine Batho est la réconciliation avec la nature.


Voici quelques mots de Louise Browayes, auteure, qui est venue visiter notre école, et qui évoque ici la nature :

“ L'immersion dans la nature éveille les sens, suscite des pensées et des émotions, lutte contre l’anxiété et la dépression, augmente l’estime de soi, l’autonomie et l’esprit d’initiative, favorise les compétences relationnelles, développe le système immunitaire, entraîne des expériences transcendantales qui renforcent l’attachement à la nature.

Reconnecter les enfants et les adolescents à la nature, c’est relever le plus grand challenge de notre époque, c’est les reconnecter à la terre pour qu’ils puissent ne pas s’oublier eux mêmes et par là même interagir ensemble pour un futur meilleur.”


Comment se passe cette reconnection à l’école ELISE ?

De part notre situation géographique, nous avons voulu que l'école soit au coeur de la campagne, entourée d’un grand jardin et surtout en connection rapide avec la nature, les chemins, les vignes, les vergers. Avoir la possibilité de sortir facilement faire cours dehors, faire des temps de regroupement en écoutant les oiseaux, en observant le ciel paisiblement, regarder les légumes pousser au potager, tout ceci était pour nous indispensable dans notre “promesse pédagogique”.

Je me rappelle encore, Emmanuel, notre professeur remplaçant l'année dernière, qui appelait les enfants en regroupement par un cri "au loup". Cela prenait quelques minutes pour que toute la "meute" se regroupe. En effet, le concept était simple : les enfants étaient dans le jardin et arrivés progressivement (l'accueil n'est pas à heure fixe). Quand 9h approchait, Emmanuel lançait le fameux cri. Les enfants selon leur degré d'attention, de réveil, d'occupation, venaient petit à petit autour de lui, et chantait ensemble pour que de plus en plus de "louveteaux" rejoignent le cercle. Pour en avoir fait l'expérience plusieurs fois, ce regroupement est apaisant, joyeux et apporte une impression de réelle communauté. Les enfants étaient alors fin prêts à commencer leur journée, que nous poursuivions par un temps de gratitude avant de se lancer pleinement dans le travail.


Nous aurions pu implanter l’école dans la ville voisine, mais nous savions que l’essence même de la philosophie de Maria Montessori n’aurait pas atteint son plein potentiel.


Cette forte connection à la nature est pleinement envisagée pour les adolescents, dans ce que Maria Montessori appelait les “enfants de la terre”. Une éducation dans la nature, à la ferme, pour se confronter aussi à la réalité de la production, du travail manuel, et aussi à la satisfaction de réaliser par soi même des tâches gratifiantes (production de légumes nourriciers, travail du bois pour créer un meuble, vente et commercialisation de confitures par exemple). La nature est également vue comme un lieu de croissance physique et propice à un développement complet.


2. La deuxième idée que l’on retrouve dans le concept d’écologie intégrale est la réconciliation à notre nature profonde d’êtres humains.


Il est évident que la crise actuelle nous pousse à considérer un retour à l’humanisme. Non pas un humanisme égoïste et tourné vers le progrès absolu.

L’humain devra être au centre de nos discussions. Il est donc nécessaire de s’interroger à nouveau sur ce qu’est l’humain, sur sa place dans l’univers, sur ses relations avec les autres êtres et les autres choses qui le remplissent.


Comment Maria Montessori voyait l’homme ?

« Nous devons donner à l’enfant le monde, mais aussi une image claire de l’humanité dans le monde ».

L’enfant découvre l’histoire de la terre, puis l’histoire de l’humanité et ensuite explore de façon plus élaborée l’astronomie, la géographie, les sciences physiques, chimiques et biologiques, l’écologie, les besoins de l’homme, les langues, les civilisations, l’économie, les arts, les grandes œuvres, mais également la citoyenneté, le civisme, la politique , l’Europe …de façon à lui donner une vision du monde.


Dans notre école, nous veillons à transmettre une idée de l'homme comme un être doué de pensée, de morale, de jugement. Nous essayons de faire émerger chez eux une pensée critique individuellement et en groupe. Nous mettons en avant des valeurs telles que la fraternité, la solidarité, l'égalité, l'écoute, l'empathie et la bienveillance. ces valeurs qui sont au coeur même de chaque homme.



3. Le dernier point de l’écologie intégrale est la réconciliation avec nos semblables.


Nous vivons une période d’enfermement où nos relations sociales sont réduites au minimum.

Cependant la société, et par là même ceux qui la constituent, c’est à dire nous êtres humains, nous avons un grand besoin de contact, de relations, d’entraide. Plusieurs actions ont vu le jour notamment sur les réseaux sociaux :

  • aider les personnes âgées de son entourage

  • partager des moments culturels ensemble, notamment musicaux

  • concocter de délicieux petits plats pour les soignants

  • coudre des masques

  • de nombreux jeunes s’investissent dans des associations caritatives

… La liste n’est pas ici exhaustive, tant les ressources déployées, les idées ont foisonné.

Ces initiatives sont le reflet criant du besoin de “reconnexion” sociale des peuples, surtout dans nos sociétés modernes.

“Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société.” (Laudato Si, Pape François)

Comment cette attention aux autres est présente dans notre école ?

Dans la pensée de Maria Montessori, on distingue 4 grandes étapes de croissance intellectuelle. La période de 12 à 18 ans est orientée vers la découverte de “l’autre”, on la dénomme par “Apprends moi à vivre en société”. Cette période sera suivie par la période la maturité, juste avant de rentrer de plein pied dans l’âge adulte. Elle est caractérisée par une vision approfondie des idéaux moraux et politiques, en insistant sur la contribution que chacun peut amener au monde.

A l’école ELISE, nous préparons les enfants à vivre cette transition et cette éducation au “vivre ensemble” commence dès la classe 6-12 ans avec de nombreux travaux en groupe.

Concrétement, les enfants se sont lancés dans un projet TAPORI qui rassemble dans l’amitié des enfants de différents milieux qui veulent que tous les enfants aient les mêmes chances. Ils apprennent des enfants dont la vie quotidienne est très différente de la leur. Ils agissent pour un monde plus juste, en inventant une manière de vivre qui ne laisse personne de côté.


Le respect s’instaure déjà de l’éducateur à l’enfant. L’éducateur respecte profondément chaque enfant avec ses particularités et ses talents. Il prend en compte chaque enfant et le suit de manière discrète mais profonde dans ses apprentissages. De là va naître une certaine reconnaissance de l’attention portée à autrui, et ainsi dans la classe, les enfants sont invités à la bienveillance, au travail en groupe, mais aussi au travail intergénérationnel, aider les uns à lire et les autres à dénombrer. Ne pas mettre en compétition les élèves mais plutôt en coopération, leur apprendre à discuter ensemble des problèmes qu’ils peuvent rencontrer, apprendre à s’écouter…


Nous pensons vraiment que l’éducation doit être inscrite au coeur même du mouvement d’écologie intégrale : car la joie de vivre, la fraternité avec nos semblables, l'amour de la nature, notre harmonie avec l'ensemble du vivant vont nous permettre de soulever des montagnes. L'écologie intégrale va puiser ses forces dans une écologie intérieure qui représente une nouvelle étape de l'évolution humaine. Les enfants du 21ème siècle seront au coeur de ce process profondément neuf, bouleversant mais plein d'espoirs. En tant que guide dans leur parcours, nous devons leur faire comprendre que l'ensemble du vivant fait partie de nous mêmes.

Les défis du 21ème siècle qu'ils devront relevés le seront grâce à la coopération, à l’adaptation, au souci du bien commun et de notre maison commune la Terre, et ce dès le plus jeune âge.



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